Les phobies

Les Phobies

Une phobie spécifique est un trouble anxieux caractérisé par une peur irrationnelle face à des situations ou objets. Les individus affectés tentent activement d’éviter un contact direct avec les objets ou les situations, voire même toute mention ou description.

Dans une phobie, la confrontation avec la cause de la phobie déclenche une angoisse majeure, un état de panique, puis le patient commence à éviter tout ce qui pourrait lui déclencher une crise. En dehors des crises, et s’il n’y a pas de confrontation prévue avec l’objet de la peur, il n’existe pas de symptôme mais l’anxiété et l’évitement peuvent significativement modifier l’état de santé mentale voire physique de l’individu. D’autre part, la phobie peut avoir de graves conséquences sur la vie familiale, professionnelle sociale à cause des évitements.

Les phobies spécifiques ont une prévalence de 4,4 % (aux États-Unis). L’âge durant lequel se développe ce type de trouble varie entre l’enfance et l’adolescence. Les femmes sont deux fois plus exposées que les hommes.
Critères diagnostics de la phobie spécifique DSM IV
– Peur persistante et intense à caractère irraisonné ou bien excessive, déclenchée par la présence ou l’anticipation de la confrontation à un objet ou une situation spécifique.
– L ‘exposition au stimulus phobogène provoque de façon quasi-systématique une réaction anxieuse immédiate qui peut prendre la forme d’une attaque de panique liée ou facilitée par la situation.
– Le sujet reconnaît le caractère excessif ou irrationnel de la peur.
– La «les» situation«s» phobogène «s» est «sont» évitée«s» ou vécue«s» avec une anxiété ou détresse intense.
– L’évitement, l’anticipation anxieuse ou la souffrance de la «les» situation«s» redoutée «s» perturbent, de façon importante les habitudes de l’individu, ses activités professionnelles «ou scolaires» ou bien ses activités sociales ou ses relations avec autrui, ou bien le fait d’avoir cette phobie s’accompagne d’un sentiment de souffrance important.
Si la question reste complexe, des progrès très importants ont été faits sur la compréhension de l’acquisition des peurs excessives.
Aujourd’hui, leur origine s’explique selon un modèle « bio-psycho-social » :
– Biologique, car certaines personnes ont des prédispositions biologiques et génétiques à ressentir de très grandes peurs (tempéraments hypersensibles et hyperémotifs). Une personne phobique n’est pas seulement victime d’un trouble psychique. Elle souffre d’un dérèglement biologique de son “système d’alarme” interne.
– Psychologique, car l’expression de ces prédispositions peut être facilitée, ou atténuée, par l’éducation et les événements de la vie.
– Social, car certains modes de vie peuvent révéler des vulnérabilités à diverses peurs : ainsi, les phobies des transports ont beaucoup augmenté, car on se déplace aujourd’hui nettement plus qu’il y a vingt ou trente ans.
Guérir en affrontant ses peurs
La phobie représente une hyperréactivité émotionnelle involontaire face à une situation précise, comme l’allergie est une hyperréactivité immunitaire face à un allergène donné.
Pour guérir, il va donc falloir réveiller puis désactiver ce réflexe de peur explosive par des mises en situation progressives et répétées.
C’est ce à quoi s’attachent les thérapies comportementales et cognitives, les TCC, dont l’efficacité est attestée par des dizaines d’études scientifiques.

On peut donc guérir d’une phobie, parfois même d’une façon spectaculaire et rapide, à condition d’apprendre à faire face à ses peurs. Cela se passe un peu comme pour une désensibilisation à une allergie.
Par exemple, pour traiter la phobie des pigeons, on commencera par regarder des photos de pigeon, puis un vrai pigeon en cage, pour ensuite s’approcher d’un square…
Mais le but d’une thérapie n’est pas de faire disparaître complètement la peur, plutôt de la rendre normale : adaptée, modérée, et contrôlable. C’est pourquoi on associe à ces efforts de confrontation des exercices d’acceptation de la peur.
Car beaucoup de personnes phobiques finissent par avoir « peur de la peur ». Or ce n’est pas la peur qui est un problème – elle est une réaction d’alarme normale– c’est de paniquer face à elle. Relaxation et méditation sont donc de plus en plus souvent utilisées par les thérapeutes pour aider à surmonter les peurs excessives.

Les Conseils de Christophe André pour s’en sortir

1 Désobéissez à vos peurs
Les peurs excessives limitent notre liberté et peuvent nous réduire en esclavage : « Ne sors pas, ne t’approche pas, ne parle pas… » Plus on leur obéit, plus elles se renforcent. Il faut au contraire leur désobéir en se confrontant régulièrement, progressivement, à ce qu’elles nous ordonnent de fuir. Considérez la peur excessive comme un invité indésirable et abusif, et faites la différence entre ce que vous voulez (vivre libre) et ce que veut la peur (vous asservir).

2 Réfléchissez à l’origine de vos peurs, puis passez à l’action
Il est toujours intéressant d’avoir compris d’où viennent nos peurs. Mais il est inutile, en revanche, de consacrer tout son temps et son énergie à méditer sur ces origines. Osez affronter concrètement l’objet de votre peur.

3 Apprenez à vous relaxer et à méditer quotidiennement
Pratiquez des exercices durant lesquels vous vous entraînerez à accepter votre peur (« Tu n’es que de la peur ») et vos pires scénarios catastrophes (« J’accepte d’abord ces idées ou ces images pour pouvoir ensuite agir avec davantage de force et de sérénité afin que cela n’arrive pas »).

4 Maintenez vos efforts sur la durée
Les peurs excessives témoignent en général d’une hyperémotivité. Cette dernière, qui est une richesse par ailleurs, ne disparaîtra pas. Il faut donc garder l’habitude de faire face à ses peurs, quelles qu’elles soient. En faisant du théâtre si vous avez de s peurs sociales, ou en caressant tous les chiens rencontrés si c’est eux que vous redoutez.

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