EMDR

Qu’est ce que l’EMDR ?

L’eye movement desensitization and reprocessing (EMDR), ou désensibilisation et reprogrammation par mouvement des yeux est un type d’intervention à visée psychothérapeutique mise au point par Francine Shapiro à la fin des années 80.

Cette thérapie est reconnue de par le monde par de nombreuses instances, à commencer par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) depuis juillet 2012, l’American Psychiatric Association (2004), le Département de la défense et les hôpitaux des vétérans aux États-Unis (2004). En France, son utilisation est recommandée pour le traitement du syndrome de stress post-traumatique par la Haute Autorité de la Santé (HAS – juin 2007

Ses indications actuelles concernent aussi d’autres traumatismes surtout s’ils sont été répétés (harcèlement moral, abus … etc).

La particularité de l’EMDR reste la stimulation sensorielle généralement appliquée sous une forme bilatérale alternée et le plus souvent par le biais des mouvements oculaires.

Le postulat de l’EMDR est basé sur les connaissances neurophysiologiques : les souvenirs traumatiques sont associés à des émotions et des sensations douloureuses. Ils s’accompagnent aussi de croyances négatives. Par exemple une personne qui se souvient d’un viol peut se dire « c’est de ma faute » ou « je suis vulnérable ».

L’EMDR postule que ces informations traumatisantes n’ont pas été traitées correctement après le trauma – elles ne sont pas passées dans la mémoire à long terme comme c’est le cas des autres souvenirs. Normalement, longtemps après un événement douloureux, on se rappelle ce qui est arrivé sans ressentir autant d’émotions qu’au début. L’information a été « digérée ». Mais si le traumatisme a été trop fort ou a frappé à une période où nous étions vulnérables les images, les pensées, les sons et les émotions liés à l’événement sont prêts à se réactiver au moindre rappel du traumatisme.

L’EMDR permet de créer chez le patient un protocole sécurisant pour l’accompagner dans son évocation du trauma. Ce rappel ne sollicite pas seulement le registre verbal mais tous les registres représentatifs : perceptions, cognitions, émotions, sensations corporelles.

Puis, grâce à une stimulation sensorielle, comme les mouvements oculaires bilatéraux par exemple, le cerveau du patient va mettre en place des reconnexions neuronales susceptibles de modifier la nature du noyau traumatique.

Cette méthode permettrait au souvenir traumatique d’être réinséré dans le processus de la mémoire avec le statut de souvenir révolu.

En résumé, le mouvement oculaire “débloque” l’information traumatique et réactive le système naturel de guérison du cerveau pour qu’il complète son travail.
L’une des hypothèses neurologique est que l’activation alternée des hémisphères cérébraux faciliterait un travail de reconnexion de modules de traitement de l’information (émotionnels, mnésiques, comportementaux) qui ont été dissociés par le trauma.

 

Comment se déroule une thérapie EDMR ?

Il faut savoir que les séances EMDR sont assez longues (environ 1H30) et parfois éprouvantes.

La durée de la thérapie va dépendre du nombre et de l’importance des traumas mais elle est en général assez courte (quelques séances).

La thérapie EMDR se pratique en huit étapes successives (d’après Wikipedia) :

  1. Diagnostic et planification : la première phase de la thérapie consiste à s’assurer que l’EMDR est un traitement adapté au patient. Un aspect de cette évaluation concerne la capacité de la personne à faire face aux souvenirs de l’événement traumatisant qui seront ravivés pendant la thérapie. Le thérapeute prépare alors avec le patient un plan de traitement.
  2. Préparation et relaxation : le thérapeute doit ensuite préparer son patient à l’EMDR en lui expliquant le déroulement de la thérapie. Il s’assure que le patient maîtrise quelques techniques de relaxation et est capable de contrôler les émotions succédant à une expérience désagréable.
  3. Évaluation : la phase suivante permet de déterminer les souvenirs qui feront l’objet du traitement. Pour chaque événement traumatisant conscient ou chaque situation anxiogène dans le présent, liée à un événement traumatisant, conscient ou non, le patient doit choisir une image qui représente l’événement ou la situation, une idée négative associée à l’événement (« cognition négative ») et une idée susceptible d’élever l’estime de soi (« cognition positive »). Le patient évalue alors la validité de l’idée positive sur une échelle numérique. Il associe également l’image anxiogène et l’idée négative et évalue l’ampleur de sa détresse sur une échelle numérique (de 0 – tout va bien à 10 – détresse intense). Cette détresse émotionnelle se traduit par un malaise physique qu’il est invité à localiser sur son corps.
  4. Désensibilisation : le patient se fixe sur l’image traumatisante, l’idée négative et le ressenti corporel. Le thérapeute lui demande de suivre en même temps avec les yeux ses doigts ou un point lumineux qu’il déplace dans l’espace alternativement d’un côté à un autre. D’autres stimuli (bruits successifs à gauche et à droite, claquement des doigts, stimulation tactile, etc.) peuvent être également utilisés lors de cette phase. Le patient est encouragé à suivre les associations mentales qui se font naturellement pendant cet exercice et ce sont ces associations progressives qui sont censées être au cœur du traitement, par exemple en ramenant à la conscience des événements oubliés. Cette phase du traitement continue jusqu’à ce que le patient évalue sa détresse à 0 ou à 1 sur l’échelle introduite lors de la phase précédente.
  5. Ancrage : la phase suivante vise à associer l’idée positive à ce qu’il reste du souvenir de l’événement traumatisant. Quand l’évaluation de la détresse atteint 1 ou 0, le thérapeute demande au patient de penser à l’objectif fixé en début de séance. Les mouvements oculaires continuent jusqu’à ce que le patient évalue la validité de la cognition positive à 6 ou à 7 sur la première échelle utilisée durant la phase 3. Les étapes 3 à 5 recommencent à chaque séance pour une nouvelle image traumatisante.
  6. Bilan corporel (body-scan) : le patient garde à l’esprit l’événement traumatisant et l’idée positive à laquelle il a été associé durant la phase précédente et passe en revue systématiquement ses sensations corporelles. Le but de cette phase est de repérer des « tensions » ou des « sensations négatives » qui subsisteraient et d’aider à les dissiper toujours à l’aide de séries de mouvements oculaires.
  7. Conclusion : à la fin d’une séance, le thérapeute doit faire en sorte que son patient se trouve dans un état émotionnel stable, que le traitement soit terminé ou non. Il prépare également son patient à réagir correctement (relaxation, etc.), au cas où le souvenir de l’expérience traumatisante surgirait entre les séances.
  8. Réévaluation : au début de la séance suivante le thérapeute demande au patient de repenser au but fixé lors de la séance précédente. En fonction des réactions du patient, il évalue l’effet de la thérapie et adapte son déroulement en conséquence. Vers la fin de la thérapie, le patient est invité à tenir un journal concernant les souvenirs travaillés pendant les séances et les associations qui lui viennent à l’esprit en dehors des séances.

 

Attention : la thérapie EMDR suscite un engouement très important et justifié mais il faut bien se rappeler que ce n’est pas de la magie et que d’autres thérapies peuvent être plus adaptées.

L’EMDR doit être menée par un thérapeute formé qui saura contenir les réactions parfois très fortes des patients et ne pas la proposer aux personnes chez qui elle est contre-indiquée.

 

 

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